
L´INCONSCIENT AMENTIAL COMME PORTE D’ENTREE DESCAS COMPLEXES
INTRODUCTION
« Je ne sais plus quoi faire ! » s’entend-on dire régulièrement en supervision lors de présentations de cas complexes : somatisation tenace, passages à l’acte répétés, décompensation délirante subite. En effet, c’est la capacité à penser du thérapeute qui se retrouve figée. Christophe DEJOURS propose une 3è topique, celle du clivage - qui se prolonge jusque dans l’inconscient - complétant les deux topiques freudiennes (ICs-PCs-Cs et Ça-Moi-Surmoi) pour montrer comment ces troubles complexes confrontent les intervenants à l’inconscient amential du malade lorsque le clivage se rompt.
METHODE
La notion de topique du clivage fut introduite dansnotre groupe de supervision psychodynamique (soignants et médecins), il y a 2 ans, face à des cas particulièrement incapacitants pour les supervisés. Schématisée, cette 3è topique insiste 1° sur le clivage qui construit deux corps : un corps érotique façonné depuis l’enfance par le désir (libido) et un corps physiologique(celui de la médecine) et donc deux inconscients : un inconscient refoulé que révèlent lapsus et actes manqués et un inconscient qui ne pense pas car arrêté, suite à un traumatisme, dans son travail de traduction des sensations perçues en signification (FERENCZI) 2° sur les moyens possibles, dans notre groupe, de réduire le clivage en nourrissant le préconscient : par un travail sur le corps (hypnose, enveloppement humide, art-thérapie, massage) et par un travail anamnestique fouillé (narration traumatique).
RESULTATS
Les supervisés ont pu 1° apprendre à contourner le discours qui tourne à vide (opératoire), censure enclavant l’inconscient amential, 2° prendre la mesure de leur impuissance face à la destructivité de cet inconscient proscrit, assimilable à la pulsion de mort, 3° inventer des pratiques (sus-décrites) qui engagent le corps dans un corps-à-corps habité, vécu, désiré et rêvé et 4° réaliser, à leur insu, que chacun de nous est untortionnaire en puissance par retour du mortifère !
CONCLUSION
L’atelier a pour but, à partir des schémas de la topique du clivage, 1° d’apprendre aux participants à raisonner sur 3 cas complexes typiques : douleur somatoforme, agir compulsif borderline, parésie conversive et 2° d’ouvrir la métapsychologie aux pratiques contemporaines du lien et du corps.
FERENCZI. La confusion des langues entre lesadultes et l'enfant. 1932
DEJOURS et coll. Penser le corps. Théoriespsychanalytiques. 2025